L’essentiel
Depuis le 11 août 2026, aucun organisme ne peut plus vous démarcher par téléphone pour une mutuelle, une complémentaire santé ou une prévoyance sans votre accord préalable. Bloctel a disparu : c’est désormais au professionnel de prouver votre consentement. Un contrat signé à la suite d’un appel illégal est nul. Ce guide récapitule les règles, vous apprend à reconnaître les arnaques et vous propose un outil pour tester l’appel que vous venez de recevoir.
Votre téléphone sonne en plein repas. Au bout du fil, une voix qui se présente comme « votre mutuelle » ou qui annonce un « recensement mutuelle » à mettre à jour. Derrière ces appels se cachent des courtiers, des centres d’appels et parfois de purs escrocs, qui ciblent en priorité les personnes âgées. Le démarchage téléphonique agace 97 % des Français, selon un sondage de l’association de consommateurs Que Choisir Ensemble mené entre février et octobre 2024.
La réponse du législateur est radicale : depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique à des fins commerciales est interdit par défaut, dans tous les secteurs, assurance santé comprise. On passe d’un système où il fallait s’inscrire sur une liste d’opposition (Bloctel) à un système où c’est l’appel lui-même qui doit être justifié par votre consentement.
Cette page fait le point sur ce qui change pour la mutuelle, la complémentaire santé et la prévoyance : les règles que les appelants doivent respecter, les signaux d’arnaque à reconnaître, et vos recours si un contrat a déjà été signé. Vous y trouverez aussi un outil interactif pour tester la légalité de l’appel que vous venez de recevoir.
Le démarchage téléphonique en assurance santé est interdit par défaut depuis le 11 août 2026
L’article L223-1 du code de la consommation, modifié par l’article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, pose la règle :
Ce que dit la loi, mot pour mot
« Il est interdit de démarcher par téléphone, directement ou par l’intermédiaire d’un tiers agissant pour son compte, un consommateur qui n’a pas exprimé préalablement son consentement à faire l’objet de prospections commerciales par ce moyen. »
Le consentement est défini comme « toute manifestation de volonté libre, spécifique, éclairée, univoque et révocable par laquelle une personne accepte, par un acte positif clair, que des données à caractère personnel la concernant soient utilisées à des fins de prospection commerciale par voie téléphonique ». Et « Il appartient au professionnel d’apporter la preuve que le consentement du consommateur a été recueilli dans les conditions prévues au deuxième alinéa. »
Deux exceptions subsistent. D’abord, l’appel lié à un contrat en cours : votre organisme actuel peut vous contacter au sujet de votre contrat, y compris pour vous proposer « des produits ou des services afférents ou complémentaires à l’objet du contrat en cours ». Ensuite, la vente d’abonnements à des journaux, périodiques ou magazines reste possible sans consentement préalable, au nom de la liberté de la presse. Pour tout le reste, y compris la vente d’une mutuelle ou d’une assurance santé, pas de consentement, pas d’appel.
L’ancienne liste d’opposition Bloctel cesse d’exister le 11 août 2026 : elle n’a plus d’objet, puisque le principe s’inverse. Vous n’avez aucune démarche à faire pour être protégé.
| Avant le 11 août 2026 | Depuis le 11 août 2026 |
|---|---|
| L’appel commercial est autorisé par défaut ; vous devez vous inscrire sur Bloctel pour vous y opposer | L’appel commercial est interdit par défaut ; le professionnel doit justifier d’un consentement |
| C’est au consommateur d’agir pour être protégé | C’est au professionnel de prouver qu’il avait le droit d’appeler |
| Pas d’exigence de preuve conservée par l’appelant | Preuve du consentement à archiver sous format numérique pendant 3 ans |
| Amende administrative jusqu’à 75 000 € ou 375 000 € selon que l’auteur est une personne physique ou morale | Mêmes montants, appliqués par appel, plus la nullité du contrat conclu et une présomption de responsabilité du professionnel |
Votre consentement : comment il doit être recueilli, combien de temps il dure
Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 précise les modalités pratiques. Avant de vous appeler, le professionnel doit recueillir votre accord au moyen d’une demande claire et compréhensible qui indique :
- l’identité du professionnel et, le cas échéant, celle du tiers qui appelle pour son compte, ainsi que la nature des biens ou services concernés ;
- la proposition d’accepter ou de refuser d’être appelé ;
- la période pendant laquelle vous acceptez d’être démarché, qui ne peut pas dépasser un an ;
- la possibilité de retirer votre consentement à tout moment et la façon de le faire ;
- la possibilité d’obtenir la preuve de votre consentement.
Le consentement doit résulter d’un acte positif clair. Une case déjà cochée ne compte pas, pas plus qu’une mention prérédigée dans un contrat ou le simple fait de continuer à naviguer sur un site :
Ce qui ne vaut jamais consentement
« Ne constituent notamment pas un acte positif clair une mention prérédigée sur un document par laquelle le consommateur reconnaît, sans qu’aucun accord exprès de sa part ne soit nécessaire, consentir à être appelé, ou le simple fait qu’il poursuive sa navigation sur un site internet. » (article R223-1 du code de la consommation)
Votre consentement ne peut pas être renouvelé tacitement au-delà d’un an. Vous pouvez le retirer à tout moment, selon des modalités qui ne peuvent pas être plus complexes que celles de son recueil, y compris oralement, pendant l’appel. Si vous vous opposez à la poursuite de la communication :
Votre droit d’arrêter l’appel
« Si le consommateur s’oppose à la poursuite de la communication, le professionnel met fin sans délai à l’appel et s’abstient de le contacter à nouveau. » (article L221-16 du code de la consommation, dans sa rédaction issue de la loi du 30 juin 2025)
Le professionnel doit conserver la preuve de votre consentement, avec sa date et son heure, sous format numérique, pendant 3 ans. Pendant cette période, vous pouvez lui demander gratuitement cette preuve : il doit vous la fournir sur un support durable, dans un délai raisonnable.
Enfin, les appels autorisés restent encadrés dans le temps :
| Règle | Contenu |
|---|---|
| Jours | Du lundi au vendredi uniquement, sauf jours fériés |
| Horaires | De 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, à l’heure du consommateur appelé |
| Fréquence | Au plus 4 sollicitations ou tentatives par un même professionnel sur 30 jours calendaires |
| Hors créneaux | Possible uniquement si vous avez expressément accepté d’être appelé à une date et à un horaire précisément spécifiés, et que le professionnel peut en attester |
Source : article D223-9 du code de la consommation, en vigueur depuis le 11 août 2026 (Légifrance).
Les règles particulières de la vente d’assurance par téléphone
Aux règles générales s’ajoutent celles du code des assurances, issues de la loi n° 2021-402 du 8 avril 2021 (réforme du courtage), en vigueur depuis le 1er avril 2022. Elles s’appliquent aux contrats les plus vendus par téléphone : complémentaire santé, garantie hospitalisation, indemnités journalières, accidents, obsèques, ainsi que la prévoyance. Dès le début de l’appel, la personne qui vous contacte doit :
S’identifier sans ambiguïté
Elle doit dire immédiatement si elle travaille pour un organisme d’assurance ou un intermédiaire, et donner dans ce cas son numéro d’inscription au registre ORIAS, qui se vérifie sur orias.fr.
Annoncer le caractère commercial de l’appel
Aucun appel ne peut se présenter comme une démarche administrative.
Recueillir votre accord explicite pour poursuivre
Si vous refusez, ou si vous dites ne pas être intéressé, elle doit mettre fin à l’appel et ne pas vous rappeler.
Vous informer que l’appel est enregistré
Les conversations qui débouchent sur une signature sont enregistrées et conservées 2 ans, ce qui vous permet d’en demander l’accès en cas de litige.
Le démarcheur est en outre tenu à un devoir d’information et de conseil : il doit vous interroger sur votre situation et vos besoins, vous préciser les garanties et exclusions, le montant total de la cotisation et la durée minimale du contrat, et vérifier que votre contrat actuel peut être résilié avant la prise d’effet du nouveau.
Surtout, la vente se fait en deux temps. Après l’appel, le professionnel doit vous envoyer les documents précontractuels et s’assurer que vous les avez reçus. Vous ne pouvez signer qu’au plus tôt 24 heures après leur réception, par signature manuscrite ou électronique, et jamais pendant la conversation téléphonique. Un accord verbal, même accompagné de la répétition d’un code reçu par SMS, ne vaut pas signature.
Personne ne vous appelle « pour le compte » de la Sécurité sociale
Vous ne serez jamais contacté au nom de l’Assurance maladie, de votre caisse ou de l’ACPR, le régulateur du secteur. Si un appelant prétend agir pour le compte d’un organisme public, c’est un mensonge : raccrochez immédiatement (source : ABE Info Service, Banque de France).

Les contrôles menés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes montrent l’ampleur des dérives. Sur 46 établissements contrôlés (courtiers indépendants, courtiers grossistes, assureurs), des manquements ont été constatés chez 14. Les enquêteurs ont relevé que « Les téléconseillers se faisaient passer pour la mutuelle du consommateur ou un organisme de sécurité sociale, promettaient des remboursements à 100 % et prélevaient des frais non annoncés. » Certains se faisaient communiquer sous un faux prétexte le code de signature envoyé par SMS, d’autres concluaient des contrats sans aucun accord du consommateur. Résultat : 5 procès-verbaux pénaux, 1 procès-verbal administratif et 4 injonctions.
Arnaques : les signaux qui doivent vous faire raccrocher
Une grande partie des appels reçus aujourd’hui est illégale ; une partie est carrément frauduleuse. Voici les signaux qui ne trompent pas.
- Le « recensement mutuelle » ou la « mise à jour de vos droits » : ce recensement n’existe pas. C’est un prétexte pour collecter votre identité, votre date de naissance et votre numéro de Sécurité sociale.
- La demande de données sensibles : date de naissance, numéro de Sécurité sociale, RIB ou code reçu par SMS. Un démarcheur qui respecte la loi n’en a pas besoin pendant l’appel.
- La pression à signer : « l’offre expire aujourd’hui », la signature immédiate au téléphone. C’est interdit dans tous les cas, la signature ne se fait jamais pendant l’appel.
- La promesse de « remboursements à 100 % » : aucun contrat responsable ne rembourse tout, et la participation forfaitaire de 2 € n’est jamais prise en charge.
- Un numéro en 06 ou 07 qui prétend vendre une mutuelle : les plateformes de démarchage doivent utiliser des préfixes réservés, plus aucun 06 ni 07.
- L’appel « masqué » : depuis le 1er janvier 2026, un appel émis de l’étranger avec un numéro mobile français non authentifié s’affiche automatiquement « numéro masqué ».
| Zone | Préfixes réservés au démarchage téléphonique |
|---|---|
| Métropole | 01 62, 01 63, 02 70, 02 71, 03 77, 03 78, 04 24, 04 25, 05 68, 05 69, 09 48, 09 49 |
| Outre-mer | 09 475 à 09 479 |
Source : service-public.fr, fiche F33267 vérifiée le 12 août 2026.
L’usurpation de numéros, ou spoofing, est devenue massive : près de 18 000 signalements ont été recensés sur la plateforme « J’alerte l’Arcep » entre janvier et décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, les opérateurs français affichent « numéro masqué » pour les appels venant de l’étranger dont le numéro mobile français n’a pas pu être authentifié : un signal de vigilance de plus, mais pas une preuve d’arnaque (un appel légitime peut aussi être masqué).

Le bon réflexe
Ne rappelez jamais un numéro inconnu qui n’a pas laissé de message. Un appel en absence sans message peut être un « ping call » destiné à vous faire rappeler un numéro surtaxé. Un vrai organisme laisse un message, et un organisme public vous écrit.
Outil : cet appel était-il légal ?
Répondez aux trois questions telles que vous vous souvenez de l’appel. Le verdict s’appuie sur les articles L223-1, L221-16 et D223-9 du code de la consommation et sur les règles de vente d’assurance par téléphone décrites plus haut.
Cet appel était-il légal ?
Trois questions, un verdict fondé sur les règles en vigueur au 15 août 2026.
?Avant cet appel, aviez-vous donné votre accord pour être démarché ?
?Au début de l’appel, qu’a dit la personne qui vous appelait ?
?Que s’est-il passé pendant l’appel ?
Le verdict s’affichera ici, avec la règle qui s’applique à votre situation.
Aucun verdict n’est affiché tant que vous n’avez pas répondu.
Rien ne contredit les règles dans votre situation
Vous aviez consenti par un acte positif clair, l’appelant s’est identifié et annoncé le but commercial, et aucune signature ne vous a été demandée pendant l’appel. Ce déroulé respecte les règles générales.
Vous restez entièrement libre : un appel conforme ne vous oblige à rien, et vous pouvez retirer votre consentement à tout moment, même oralement.
L’appel peut s’appuyer sur votre contrat en cours
Votre situation correspond à l’exception prévue par l’article L223-1 du code de la consommation : la sollicitation intervient dans le cadre d’un contrat en cours et a un rapport avec son objet.
Vous n’avez aucune obligation de souscrire. Prenez le temps de comparer les garanties avec votre couverture actuelle avant de répondre quoi que ce soit.
Cet appel ne respecte pas les règles du démarchage
Soit aucun consentement n’avait été recueilli, soit l’appelant a refusé de s’identifier, soit une signature vous a été demandée pendant l’appel : dans tous ces cas, l’article L223-1 du code de la consommation est enfreint.
Tout contrat conclu à la suite d’un tel appel est nul : ne payez rien, demandez l’annulation par écrit et signalez sur Signal Conso.
Ces signaux correspondent à des techniques d’arnaque connues
Un appel « pour le compte » de la Sécurité sociale ou de votre mutuelle n’existe pas, et la collecte de votre date de naissance, de votre numéro de Sécurité sociale ou de votre RIB pendant un appel est un signal d’escroquerie.
Raccrochez, ne communiquez aucun code ni aucune donnée, et signalez : Signal Conso pour le démarchage, le 33700 pour le spam. Si vous avez déjà transmis des informations, surveillez vos comptes.
La preuve du consentement ne vous appartient pas : demandez-la
Vous ne savez pas si vous aviez consenti : c’est précisément au professionnel de prouver votre consentement, gratuitement, sur un support durable, pendant les 3 ans qui suivent son recueil.
Sans preuve de sa part, considérez que l’appel était interdit et mettez fin à la conversation. Vous pouvez aussi retirer votre consentement à tout moment.
Verdict indicatif fondé sur les articles L223-1, L221-16 et D223-9 du code de la consommation et sur les règles de vente d’assurance par téléphone, à la date du 15 août 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.
Vous avez déjà signé : nullité, rétractation, résiliation
Si le contrat a été conclu à la suite d’un appel qui ne respectait pas ces règles, la conséquence est radicale :
Un contrat conclu après un appel illégal est nul
« Tout contrat conclu avec un consommateur à la suite d’un démarchage téléphonique réalisé en violation des dispositions du présent article est nul. » (article L223-1 du code de la consommation). Service Public le confirme : un tel contrat « n’est pas valable ».
Contestez par écrit, sans attendre
Adressez une réclamation au professionnel qui vous a vendu le contrat et à l’organisme d’assurance qui le garantit, de préférence en lettre recommandée. Demandez l’annulation pour absence de consentement en décrivant précisément les circonstances de l’appel, et l’accès aux enregistrements, conservés 2 ans.
Demandez le remboursement des prélèvements
Si des cotisations ont déjà été prélevées, demandez leur remboursement dans le même courrier.
Saisissez le médiateur si nécessaire
Sans réponse sous 2 mois, ou en cas de réponse insatisfaisante, saisissez le médiateur de la consommation compétent, dont les coordonnées figurent dans vos documents contractuels.
Signalez sur Signal Conso
Le signalement à la DGCCRF nourrit les contrôles du secteur et peut déclencher une action contre le professionnel.
Si vous avez simplement changé d’avis après une souscription à distance : vous disposez d’un droit de renonciation de 14 jours à compter de la conclusion du contrat (30 jours pour les contrats d’assurance vie). Pour une mutuelle régie par le code de la mutualité, le délai court à compter de la prise d’effet des garanties. Envoyez un courrier recommandé à l’organisme d’assurance et à l’intermédiaire, et conservez la preuve de l’envoi dans le délai.
Deux nouveautés 2026 à connaître
Depuis le 19 juin 2026, pour un contrat conclu via une interface en ligne, le professionnel doit proposer une fonctionnalité de rétractation en ligne, un bouton du type « renoncer au contrat ici » (ordonnance n° 2026-2 du 5 janvier 2026). Et à compter du 1er janvier 2027, la vente par téléphone passe en « deux temps » : « Le consommateur n’est engagé par cette offre qu’après l’avoir signée sur papier ou tout autre support durable. »

Passé ces recours, sachez qu’une complémentaire santé se résilie librement après un an de souscription, à tout moment, sans frais ni pénalité : c’est le filet de sécurité pour sortir d’un contrat dont vous ne voulez plus.
Faire cesser les appels et signaler
- Retirez votre consentement : à tout moment, y compris oralement pendant l’appel. Le professionnel doit alors cesser de vous démarcher.
- Demandez la preuve : si un organisme prétend que vous aviez consenti, exigez la preuve de ce consentement, gratuite et sur support durable.
- Bloquez le numéro : tous les téléphones permettent de bloquer un numéro depuis le journal d’appels.
- Signalez sur Signal Conso : la plateforme de la DGCCRF traite les signalements de démarchage abusif en assurance.
- Signalez au 33700 : la plateforme officielle contre les spams vocaux et SMS, par SMS au 33700 ou sur 33700.fr.
- Saisissez la CNIL si l’appel utilise vos données personnelles à des fins de prospection.


À retenir
Si vous n’avez rien signé ni coché, chaque appel commercial reçu est a priori une infraction. Signaler prend deux minutes, et ces signalements sont précisément ce qui alimente les contrôles de la DGCCRF et les sanctions contre les centres d’appels.
Les sanctions contre les professionnels
Le professionnel qui appelle sans consentement, ou qui ne respecte pas les jours, horaires ou la fréquence autorisés, s’expose à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, par appel (code de la consommation, montants confirmés par service-public). La décision peut être publiée aux frais du professionnel.
Deux mécanismes complètent l’amende. D’abord, la présomption de responsabilité : « Tout professionnel ayant tiré profit de sollicitations commerciales de consommateurs réalisées par voie téléphonique en violation des dispositions du présent article est présumé responsable du non-respect de ces dispositions, sauf s’il démontre qu’il n’est pas à l’origine de leur violation. » Autrement dit, un assureur ne peut pas se cacher derrière le centre d’appels qu’il a mandaté. Ensuite, la nullité des contrats conclus à la suite d’appels illégaux.
Quand le démarchage s’accompagne d’un abus de faiblesse ou d’ignorance, les peines sont pénales : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 500 000 € d’amende, amende qui peut être portée à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel (article L132-14-1 du code de la consommation, créé par la loi du 30 juin 2025).
| Manquement | Sanction |
|---|---|
| Appel sans consentement, non-respect des jours, horaires ou de la fréquence | Amende administrative jusqu’à 75 000 € (personne physique) ou 375 000 € (personne morale) par appel |
| Contrat conclu à la suite d’un démarchage illégal | Nullité du contrat |
| Professionnel ayant tiré profit d’appels illégaux, même via un tiers | Présomption de responsabilité |
| Abus de faiblesse ou d’ignorance | 5 ans d’emprisonnement et 500 000 € d’amende, portables à 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel |
Les contrôles s’intensifient : en 2025, la DGCCRF a contrôlé 6 300 établissements et notifié 11 millions d’euros d’amendes pour des démarchages avec usurpation de numéros ou motifs fallacieux (chiffres de la DGCCRF rapportés par l’AFP le 12 août 2026).
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’arnaque au « recensement mutuelle » ?
Aucun « recensement des mutuelles » n’existe. C’est un prétexte utilisé par des démarcheurs, et parfois de purs escrocs, pour vous faire confirmer votre identité, votre date de naissance ou votre numéro de Sécurité sociale, puis vous vendre un contrat ou utiliser ces données. Aucun organisme public n’appelle pour un recensement : raccrochez et signalez l’appel sur Signal Conso.
On m’a fait souscrire une mutuelle par téléphone, sans signature : le contrat est-il valable ?
Non. Depuis le 1er avril 2022, un contrat d’assurance vendu par téléphone ne peut être conclu que par une signature manuscrite ou électronique, au plus tôt 24 heures après la réception des documents précontractuels, et jamais pendant l’appel. Un accord verbal ou un code SMS répété ne vaut pas signature. Et si l’appel lui-même était illégal, le contrat est nul : demandez l’annulation par écrit.
Comment résilier une mutuelle souscrite par téléphone ?
Si le contrat est nul ou que vous n’avez pas consenti, demandez l’annulation par lettre recommandée en décrivant les circonstances de l’appel. Si vous avez simplement changé d’avis, exercez votre droit de renonciation de 14 jours (à compter de la prise d’effet des garanties pour une mutuelle). Passé un an, une complémentaire santé se résilie à tout moment, sans frais ni pénalité.
Bloctel n’existe plus : suis-je protégé quand même ?
Oui, et mieux : depuis le 11 août 2026, l’interdiction vaut par défaut, sans aucune démarche de votre part. Bloctel, qui reposait sur votre inscription à une liste d’opposition, n’a plus d’objet et cesse d’exister à cette date.
Ma mutuelle actuelle peut-elle encore m’appeler ?
Oui, si l’appel concerne votre contrat en cours, par exemple pour vous proposer une offre complémentaire ou une amélioration de votre couverture. C’est l’une des deux exceptions prévues par l’article L223-1 du code de la consommation. Elle doit tout de même respecter les règles de la vente à distance, et vous restez libre de refuser.
Pendant combien de temps mon consentement reste-t-il valable ?
Un an au maximum à compter de son recueil, sans renouvellement tacite. Le professionnel peut prévoir une durée plus courte. Vous pouvez le retirer à tout moment, par des modalités aussi simples que celles du recueil, y compris oralement pendant un appel.
On me demande ma date de naissance ou mon RIB au téléphone : dois-je répondre ?
Non. Un démarcheur qui respecte la loi n’a pas besoin de ces données pendant l’appel. La demande de date de naissance, de numéro de Sécurité sociale, de RIB ou d’un code reçu par SMS est un signal d’arnaque : ne communiquez rien et raccrochez.
Les appels continuent malgré mes refus : que faire ?
Retirez votre consentement (même oralement), exigez la preuve d’un éventuel consentement, bloquez les numéros, puis signalez : Signal Conso pour le démarchage abusif, le 33700 pour les spams vocaux et SMS, la CNIL si vos données personnelles sont utilisées. En cas d’insultes ou de menaces, le harcèlement téléphonique est un délit : une plainte est possible.
Ce qu’il faut retenir
Les cinq réflexes
1. Un appel commercial sans votre accord est interdit depuis le 11 août 2026. 2. C’est au professionnel de prouver votre consentement. 3. On ne signe jamais un contrat d’assurance pendant l’appel. 4. Un contrat conclu après un appel illégal est nul. 5. Signalez : Signal Conso, 33700, CNIL.
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Sources et références (consultées le 14 et 15 août 2026) : articles L223-1, L221-16, L132-14-1 et D223-9 du code de la consommation, loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 et décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 (Légifrance) ; service-public.fr, fiches et actualités A18384, F33267 (vérifiée le 12 août 2026), A18754 et A18719 ; DGCCRF, « Démarchage téléphonique des assurances : gare aux abus ! » (economie.gouv.fr, 6 mai 2024) ; ABE Info Service, Banque de France (mise à jour du 2 janvier 2025) ; ordonnance n° 2026-2 et décret n° 2026-3 du 5 janvier 2026 sur la commercialisation à distance de services financiers.
Cette page est une information générale, à jour au 15 août 2026. Elle ne remplace pas un conseil professionnel : pour une situation personnelle (contrat contesté, prélèvements, plainte), rapprochez-vous d’un avocat, d’une association de consommateurs ou de votre médiateur. Les règles citées peuvent évoluer.
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