L’essentiel en 30 secondes
Les centaines d’avis publiés en ligne sur Cegema notent un centre de gestion, pas un assureur. Cegema ne porte pas le risque de votre contrat, ne fixe ni vos garanties ni votre cotisation, et n’est ni une mutuelle ni une compagnie d’assurance : ses propres mentions légales la présentent comme une société de courtage.
- Depuis 2024, le pôle courtage de Cegema est devenu une société distincte, Kereis Solutions. Cegema garde la gestion.
- Les assureurs qui portent réellement le risque sont nommés sur le site du courtier, pas sur celui de Cegema.
- Sur les 40 avis les plus récents que nous avons relevés, 55 % parlent de remboursements et de délais, un sujet qui relève bien du gestionnaire, mais 42 % parlent du prix, que le gestionnaire ne décide pas.
- Une réclamation écrite doit recevoir un accusé de réception sous dix jours ouvrables et une réponse sous deux mois, y compris quand la gestion est déléguée.
Tapez « Cegema avis » dans Google et vous obtenez une page entière de plateformes de notation. Elles parlent toutes d’une « mutuelle Cegema », listent des formules, promettent des tarifs. Une seule information manque, et c’est celle qui change tout : en 2026, Cegema ne vend plus de contrat. Elle en assure la gestion pour le compte d’autres organismes. Le libellé sous lequel elle apparaît sur ces plateformes et dans le panneau de connaissance de Google accole à son nom les mots « Assurance Santé » et « Prévoyance » : il désigne une marque de gestion, pas un produit que vous pourriez souscrire.
Cette nuance n’est pas de la sémantique. Elle décide de qui vous devez écrire quand un remboursement n’arrive pas, de quel médiateur est compétent en cas de litige, et de qui peut réellement changer votre garantie. Nous avons lu les pages publiques de Cegema, celles de sa maison mère, ses mentions légales, sa page de réclamation, et nous les avons confrontées à la recommandation de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution sur le traitement des réclamations. Voici ce que ces documents disent.
Cegema en 2026 : un centre de gestion, pas un assureur
Ce que Cegema dit d’elle-même
La balise de titre de cegema.com est sans ambiguïté : le site s’y décrit comme un « centre de gestion de contrats santé et prévoyance ». Sous le grand titre de la page d’accueil, une seule phrase décrit l’activité : « Cegema assure la gestion de vos contrats santé et prévoyance à chaque étape de votre vie. » Le mot employé est « gestion », pas « assurance » et pas « souscription ».
Le menu du site confirme la lecture. Il propose « Gestion de contrat santé », « Gestion de contrat prévoyance » et « Services en ligne ». Il ne propose aucune page de garanties, aucun tableau de prestations, aucun comparateur de formules. Le bouton principal n’est pas « Obtenir un devis », c’est « Accéder à votre espace ».

Ce que disent ses mentions légales
Les mentions légales sont la source la plus fiable, parce qu’elles sont obligatoires et engagent la société. Elles décrivent CEGEMA comme une société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 313 800 euros, dont le siège est au 679 avenue du Docteur Julien Lefebvre à Villeneuve-Loubet, immatriculée au registre du commerce et des sociétés d’Antibes sous le numéro 378 966 485, et enregistrée comme société de courtage en assurance au registre unique des intermédiaires tenu par l’ORIAS sous le numéro 07 001 328.
Trois conséquences se lisent directement dans cette phrase. Une société par actions simplifiée n’est pas une mutuelle : une mutuelle relève du code de la mutualité et n’a ni capital social ni actionnaire unique. Un courtier n’est pas un assureur : il ne porte pas le risque et ne verse pas les prestations sur ses propres fonds. Enfin, l’autorité citée est l’ACPR, ce qui vaut pour un intermédiaire comme pour un organisme, et ne prouve donc rien sur la nature de l’entreprise.
Chiffres affichés sur la page d’accueil et la page « Qui sommes-nous » de cegema.com, consultées le 6 août 2026. La société annonce également plus de 100 experts en santé, 20 en prévoyance et plus de 30 conseillers, en France, dans les Alpes-Maritimes.
Le tournant de 2024, que les pages d’avis n’ont pas enregistré
La page « Qui sommes-nous » raconte l’histoire en une phrase que personne ne cite : « Historiquement courtier grossiste multi-spécialiste en assurance de personnes, Cegema s’est d’abord imposé dans le domaine de la santé avant de se diversifier en prévoyance. Filiale d’un assureur pendant plusieurs années, notre entreprise a connu un tournant stratégique en novembre 2022 avec son acquisition par le groupe Kereis. »
La frise chronologique qui suit va plus loin. Elle date de 2020 le passage de Cegema au statut de « délégataire de gestion sur l’activité Santé ». Et surtout, elle porte à l’année 2024 cette ligne : « Le pôle courtage de Cegema change de nom et devient Kereis Solutions. » Autrement dit, l’activité qui conçoit et distribue les contrats a quitté la marque Cegema il y a deux ans. Ce que 2025 a ajouté, selon la même frise, c’est une « refonte du système d’information, de nouveaux outils digitaux et une nouvelle identité de marque ».

Pourquoi les comparateurs continuent de parler d’une « mutuelle Cegema »
Parce que leurs fiches datent d’avant la réorganisation, et parce que des contrats portant historiquement la marque Cegema restent en portefeuille chez des centaines de milliers de personnes. Une fiche de comparateur qui affiche encore des formules et un formulaire de devis Cegema ne ment pas forcément sur le passé, mais elle décrit un circuit commercial qui n’existe plus sous ce nom.
Qui porte réellement le risque de votre contrat

Les trois rôles à ne plus confondre
Un contrat de complémentaire santé distribué par un courtier grossiste fait intervenir trois acteurs. Ils sont parfois dans le même groupe, parfois à la même adresse, mais ce sont trois entreprises distinctes, avec trois responsabilités distinctes.
Le distributeur
Il conçoit la gamme, négocie avec les assureurs et vend le contrat, souvent via un courtier de proximité. C’est lui qui vous a fait une proposition et un tarif.
Kereis Solutions
L’assureur
Il porte le risque, garantit le paiement des prestations et décide en dernier ressort d’une prise en charge. Son nom figure sur votre notice d’information.
Un organisme tiers
Le gestionnaire
Il encaisse les cotisations, traite les décomptes, édite la carte de tiers payant et répond au téléphone. C’est votre interlocuteur quotidien.
Cegema
Les assureurs partenaires, nommés sur le site du courtier
Le site de Kereis Solutions se présente comme celui d’un « courtier grossiste en assurance ». Ses mentions légales décrivent une société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 112 309 euros, siège au 112 avenue Kléber à Paris, RCS de Paris 524 114 600, enregistrée à l’ORIAS sous le numéro 10 057 441. Elle déclare un établissement au 679 avenue du Docteur Julien Lefebvre à Villeneuve-Loubet, c’est-à-dire à l’adresse de Cegema, plus deux autres près de Nantes et à Rennes.
Sa page « Complémentaire Santé », déclinée pour les particuliers et les professionnels, annonce 9 offres ciblant les seniors, les familles et les travailleurs non salariés, et elle affiche une rubrique « Nos partenaires assureurs ». Les logos qui y figurent le 6 août 2026 sont ceux de Generali Partenariats L’Équité, Malakoff Humanis Courtage, Suravenir Assurances, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, et SwissLife. Un partenariat avec Harmonie Mutuelle apparaît par ailleurs sur le site du groupe. Voilà les noms que vous ne trouverez sur aucune page d’avis « Cegema », et pourtant l’un d’eux est votre véritable assureur.

Où lire le nom de votre assureur, en quatre endroits
- La notice d’information ou les conditions générales : l’assureur y est nommé, avec sa forme juridique et son numéro d’immatriculation.
- La fiche d’information sur le produit d’assurance, ce document standardisé de deux pages remis avant la signature.
- L’appel de cotisation ou l’avis d’échéance annuel, qui rappelle en petits caractères le nom du porteur de risque.
- La carte de tiers payant : elle porte souvent deux logos, celui du gestionnaire et celui de l’assureur, ainsi qu’un numéro d’organisme.
Ce que mesurent vraiment les avis publiés en ligne
La plateforme la mieux placée sur cette requête, opinion-assurances.fr, affichait le 6 août 2026 362 avis sur la rubrique mutuelle santé de « Cegema Assurances », pour une note moyenne pondérée de 1,4 sur 5. La distribution est très concentrée : 60,8 % des avis à une étoile, 25,9 % à deux, 10,2 % à trois, 2 % à quatre et 1 % à cinq. La plateforme indique par ailleurs un taux de réponse de 0 % et la mention « N’a pas encore répondu ». Une rubrique prévoyance distincte n’affiche que six avis.
Relevé sur opinion-assurances.fr le 6 août 2026. Une note d’agrégateur mesure une population d’internautes qui se donnent la peine d’écrire, très majoritairement après un problème : elle ne représente pas l’ensemble des assurés.
De quoi ces avis parlent, en chiffres
Nous avons relevé automatiquement les thèmes abordés dans les 40 avis affichés sur la première page, par repérage lexical, le 6 août 2026. Les catégories ne sont pas exclusives : un même avis peut évoquer plusieurs sujets.
| Thème évoqué dans l’avis | Sur 40 avis | Qui en décide |
|---|---|---|
| Remboursement absent, incomplet ou trop lent | 22 avis, soit 55 % | Le gestionnaire exécute, l’assureur fixe le barème |
| Joignabilité, réponse au téléphone ou au courrier | 19 avis, soit 48 % | Le gestionnaire |
| Prix, cotisation, augmentation, prélèvement | 17 avis, soit 42 % | L’assureur et le distributeur |
| Difficulté à résilier | 13 avis, soit 32 % | La loi, appliquée par le gestionnaire |
| Promesses du commercial ou du courtier | 6 avis, soit 15 % | Le distributeur |
| Documents, attestations, carte de tiers payant | 4 avis, soit 10 % | Le gestionnaire |
| Niveau des garanties et prise en charge | 3 avis, soit 8 % | L’assureur |
La lecture est nette. Un peu plus de la moitié des avis portent sur des sujets de gestion pure, qui relèvent bien du périmètre de Cegema : la note est donc pertinente pour juger de la qualité du service. Mais 42 % évoquent le prix et 15 % le discours du vendeur, deux sujets sur lesquels un centre de gestion n’a aucune main. Un lecteur qui conclut de cette note qu’il ne faut pas « prendre Cegema » se trompe deux fois : il ne peut pas la prendre, et il attribue au gestionnaire des décisions prises ailleurs.
Ce qu’une note d’agrégateur ne vous dira jamais
Elle ne dit pas quel assureur porte le contrat noté, ni quelle formule était souscrite, ni si le reste à charge reproché venait d’un plafond du contrat ou d’un retard de traitement. Deux personnes qui écrivent « Cegema » peuvent avoir deux contrats différents, chez deux assureurs différents, avec deux niveaux de garanties sans rapport. Pour juger d’une couverture, le seul document qui compte reste le tableau de garanties, comme nous l’avons fait sur les documents contractuels de Direct Assurance.
Votre réclamation : qui doit répondre, et dans quel délai
C’est la question la plus concrète, et c’est celle que la chaîne à trois acteurs rend difficile. L’outil ci-dessous applique les délais publiés par l’ACPR et par le code de la consommation à votre situation. Il ne remplace pas la lecture de votre contrat.
Qui doit vous répondre, sous quel délai, et après ?
Quatre questions. Les délais affichés sont ceux de la recommandation 2024-R-02 de l’ACPR et de l’article L612-2 du code de la consommation.
1Sur quoi porte votre mécontentement ?
2Depuis combien de jours avez-vous écrit ?
3Qui porte le risque de votre contrat ?
4De quel contrat s’agit-il ?
L’interlocuteur à viser en premier
Il dépend du porteur du risque
Sur les deux mois maximum recommandés par l’ACPR
Un an à compter de votre réclamation écrite
La médiation de la consommation est gratuite pour le consommateur
Les valeurs de la colonne « Qui doit vous répondre » et celles du médiateur sont lues dans les deux tableaux ci-dessous, que vous pouvez vérifier ligne par ligne. Les jours sont des jours calendaires, sauf l’accusé de réception, qui se compte en jours ouvrables.
Le tableau de référence : qui décide, qui exécute
| Votre problème | Qui décide | Qui exécute | À qui écrire en premier | Si le blocage persiste |
|---|---|---|---|---|
| Un remboursement en retard ou incomplet | L’assureur, par le barème du contrat | Cegema | Cegema, service réclamations santé | Le médiateur de l’assureur |
| Un refus de prise en charge | L’assureur | Cegema notifie la décision | Cegema, en visant expressément l’assureur | Le médiateur de l’assureur |
| Une cotisation ou un prélèvement | L’assureur, dans les limites du contrat | Cegema encaisse | Cegema et votre courtier, en visant l’assureur | Le médiateur, puis un signalement à l’ACPR |
| Un document ou une carte de tiers payant | Cegema | Cegema | Cegema, espace assuré puis réclamations | Le médiateur en cas de silence |
Le tableau de référence : quel médiateur selon votre assureur
| Le porteur du risque de votre contrat | Le médiateur à saisir |
|---|---|
| Une société d’assurance | La Médiation de l’Assurance, TSA 50110, 75441 Paris Cedex 09 |
| Une mutuelle relevant du code de la mutualité | Le Médiateur de la Mutualité Française, 255 rue de Vaugirard, 75719 Paris Cedex 15 |
| Vous ne le savez pas encore | La notice d’information de votre contrat le désigne |
Les deux adresses de médiation sont celles publiées par Cegema sur sa propre page de réclamation, consultée le 6 août 2026.
Les délais que la réglementation impose, et à qui

Ce que l’ACPR recommande depuis juillet 2024
La référence est la recommandation 2024-R-02 du 2 juillet 2024 de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, qui a remplacé la recommandation 2022-R-01. Elle demande aux professionnels de la banque et de l’assurance d’accuser réception « d’une réclamation écrite dans un délai maximal de dix jours ouvrables à compter de son envoi », puis de répondre « dans les deux mois à compter de l’envoi de la première manifestation écrite d’un mécontentement, sauf dispositions législatives ou réglementaires plus contraignantes ».
Deux passages de ce texte visent très précisément la situation d’un assuré géré par un délégataire. Le premier précise qu’une réclamation compte quel que soit le guichet où elle est déposée, « y compris auprès d’un délégataire ou d’un mandataire du professionnel ». Le second impose d’enregistrer et de suivre les réclamations « y compris lorsque celui-ci a été en tout ou partie délégué ». Écrire à Cegema plutôt qu’à l’assureur ne fait donc perdre ni le délai, ni la trace.
La phrase du régulateur qui décrit exactement ce problème
Au point 3.1.2, l’ACPR demande aux professionnels « de veiller à ce que l’organisation du traitement des réclamations ne repose pas sur une multitude de circuits de traitements ou d’intervenants distincts pour les réclamants ». Le régulateur a donc identifié le risque : quand trois entreprises se partagent un contrat, l’assuré finit par écrire à la mauvaise porte. C’est une recommandation, pas une obligation sanctionnable en soi, mais elle sert de référence lors des contrôles.
Les engagements que Cegema publie de son côté
La page de réclamation de Cegema reprend mot pour mot la définition de l’ACPR, puis annonce les mêmes délais : « Un accusé réception de votre demande vous est adressé dans les dix jours ouvrables à compter de la date d’envoi de votre réclamation, et à vous apporter une réponse dans un délai de deux mois à compter de l’envoi de votre réclamation. » Deux adresses distinctes sont indiquées, une pour la santé et une pour la prévoyance, un partage qui recoupe la ligne qui sépare ces deux couvertures.
Vient ensuite la phrase la plus révélatrice de tout le dossier. En cas de réponse insatisfaisante, écrit Cegema, « vous pourrez saisir le médiateur compétent en fonction de l’assureur de votre contrat. Pour ce faire, reportez-vous à la notice d’information de votre contrat ». Le gestionnaire ne peut pas vous dire quel médiateur saisir, parce qu’il gère des contrats portés par des organismes de nature différente. Il en cite deux, La Médiation de l’Assurance et le Médiateur de la Mutualité Française, et vous renvoie à votre notice pour trancher.

La marche à suivre, dans cet ordre
Identifiez votre assureur avant d’écrire
Le nom figure sur la notice d’information. Sans lui, vous ne saurez pas quel médiateur est compétent, et votre dossier peut être rejeté pour ce seul motif.
Écrivez, et gardez une copie datée
Le point de départ des délais est l’envoi de la première manifestation écrite. Un courriel ou un formulaire en ligne convient, à condition qu’il vous laisse une copie datée. Un appel téléphonique ne fait pas courir le délai.
Nommez l’objet et le destinataire réel
Si votre litige porte sur une garantie ou sur un tarif, écrivez au service réclamations du gestionnaire mais visez expressément l’assureur, en rappelant votre numéro de contrat.
Attendez la réponse, ou l’expiration des deux mois
L’article L612-2 du code de la consommation interdit au médiateur d’examiner un litige quand le consommateur « ne justifie pas avoir tenté, au préalable, de résoudre son litige directement auprès du professionnel par une réclamation écrite ».
Saisissez le médiateur, gratuitement
Le même code, à l’article L612-1, pose que « tout consommateur a le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation ». Le médiateur vous informe d’un éventuel rejet dans un délai de trois semaines.
Ne dépassez pas un an
Le litige n’est plus examiné si la demande est introduite « dans un délai supérieur à un an à compter de sa réclamation écrite auprès du professionnel ». C’est le délai le plus souvent perdu de vue.
Le signalement à l’ACPR, que Cegema mentionne également, ne relève pas de la même logique : le régulateur ne tranche pas un litige individuel et ne vous indemnise pas. Il recueille des signalements pour orienter ses contrôles. Les deux démarches se cumulent.
Résilier un contrat géré par Cegema
La résiliation est le troisième sujet le plus cité dans les avis, à 32 %. La règle vient de l’article L113-15-2 du code des assurances, dans sa version en vigueur depuis le 1ᵉʳ décembre 2020. Il ouvre à l’assuré le droit, « après expiration d’un délai d’un an à compter de la première souscription », de « résilier sans frais ni pénalités les contrats et adhésions tacitement reconductibles », la résiliation prenant effet « un mois après que l’assureur en a reçu notification par l’assuré ».
La page de résiliation de Cegema applique cette règle et la formule ainsi : « après la première année d’engagement, vous pouvez mettre fin à votre contrat quand vous le souhaitez, sans attendre une date d’échéance », puis « une fois votre demande complète envoyée, votre contrat prendra fin automatiquement 30 jours plus tard ». La loi parle d’un mois, la page parle de 30 jours : sur un mois de 31 jours, la différence se compte en une journée, et c’est le texte du contrat qui fait foi.
| Type de contrat | Qui peut résilier | Quand et sous quel délai |
|---|---|---|
| Santé individuelle | Vous | À tout moment après un an, effet un mois après réception |
| Prévoyance individuelle | Vous | Selon le contrat : la résiliation infra-annuelle vise les frais de santé, pas l’ensemble de la prévoyance |
| Garantie des accidents de la vie | Vous | À l’échéance annuelle, avec un préavis de deux mois selon la page de Cegema |
| Contrat collectif obligatoire | Votre employeur seul | Vous ne pouvez résilier que les options facultatives |
Le contrat d’entreprise ne se résilie pas par l’assuré
Ce n’est pas une position commerciale de Cegema, c’est la loi. L’article L113-15-2 précise que « le droit de résiliation prévu au même premier alinéa n’est pas ouvert à l’adhérent lorsque le lien qui l’unit à l’employeur rend obligatoire l’adhésion au contrat ». Un salarié mécontent de la gestion de son contrat collectif doit passer par son employeur, qui est le souscripteur. Les cas de dispense restent limités et se demandent à l’embauche ou à un changement de situation.
Deux points utiles complètent le tableau. D’abord, en santé, c’est le nouvel organisme qui accomplit les formalités de résiliation pour votre compte, la loi lui imposant de s’assurer « de l’absence d’interruption de la couverture ». Ensuite, l’assureur doit rembourser la part de cotisation non courue « dans un délai de trente jours à compter de la date de résiliation », faute de quoi les sommes dues produisent des intérêts au taux légal. Notre guide sur les étapes et les pièges de la résiliation détaille la procédure.
Les risques réels, dits clairement
Cinq pièges propres à un contrat géré par un tiers
- Écrire au mauvais destinataire fait perdre du temps, pas des droits, mais seulement si vous conservez la preuve de la date d’envoi. Sans copie datée, le délai de deux mois n’est pas opposable.
- Le délai d’un an pour saisir le médiateur court à partir de votre réclamation écrite, pas à partir du refus. Une négociation qui traîne peut vous en faire sortir.
- Un changement de gestionnaire ne change pas votre contrat, mais il change vos identifiants, vos adresses et parfois vos délais de traitement. C’est une cause classique de rupture de tiers payant. Le fonctionnement du tiers payant se vérifie après chaque migration.
- Une garantie exprimée en euros dans un tableau intègre le remboursement de la Sécurité sociale. Le reste à charge réel se lit dans le document « exemples de remboursements », pas dans le libellé commercial.
- Résilier sans avoir signé ailleurs expose à un trou de couverture. En santé, laissez le nouvel organisme faire les formalités, c’est son obligation légale.
Cet article est une information générale, fondée sur des documents publics consultés le 6 août 2026. Il ne remplace pas la lecture de votre notice d’information ni l’avis d’un professionnel. Les organisations juridiques, les partenariats d’assureurs et les délais de gestion évoluent : vérifiez les mentions légales et la notice de votre propre contrat avant toute démarche.
Questions fréquentes
Cegema est-elle une mutuelle ?
Non. Ses mentions légales la décrivent comme une société par actions simplifiée unipersonnelle au capital de 313 800 euros, enregistrée à l’ORIAS comme société de courtage en assurance sous le numéro 07 001 328. Une mutuelle relève du code de la mutualité, n’a pas de capital social et est dirigée par ses adhérents. Cegema se présente elle-même comme un « centre de gestion de contrats santé et prévoyance ».
Peut-on encore souscrire un contrat Cegema en 2026 ?
Pas directement sur cegema.com, qui ne propose ni tableau de garanties, ni comparateur, ni parcours de souscription. La conception et la distribution de la gamme santé sont portées par Kereis Solutions, courtier grossiste du même groupe, qui vend par l’intermédiaire de courtiers partenaires. Vous souscrivez donc auprès d’un courtier, un assureur porte le risque, et Cegema peut ensuite gérer le contrat.
Qui est mon assureur si mon contrat est géré par Cegema ?
Cela dépend de votre contrat, et vous seul pouvez le savoir. Le nom figure sur votre notice d’information, sur la fiche d’information produit et sur votre avis d’échéance. Sur sa page complémentaire santé, Kereis Solutions affiche comme partenaires assureurs Generali Partenariats L’Équité, Malakoff Humanis Courtage, Suravenir Assurances et SwissLife. D’autres organismes peuvent porter des contrats plus anciens.
Pourquoi la note moyenne est-elle si basse ?
Une plateforme d’avis attire massivement les assurés qui rencontrent un problème, ce qui tire toute note vers le bas, chez Cegema comme chez ses concurrents. Notre relevé montre par ailleurs que 42 % des avis récents portent sur le prix et 15 % sur les promesses du vendeur, deux sujets décidés par l’assureur et le distributeur, pas par le gestionnaire. La note reste néanmoins un indicateur utile sur la qualité de service, puisque plus de la moitié des avis concernent les délais de remboursement et la joignabilité.
Combien de temps Cegema a-t-elle pour répondre à ma réclamation ?
Dix jours ouvrables pour l’accusé de réception et deux mois pour une réponse motivée, à compter de l’envoi de votre première manifestation écrite. Ces délais viennent de la recommandation 2024-R-02 de l’ACPR et sont repris tels quels sur la page de réclamation de Cegema. L’accusé de réception n’est pas nécessaire si la réponse complète arrive dans le même délai.
Quel médiateur saisir en cas de litige ?
Celui de votre assureur, pas celui du gestionnaire. Si le risque est porté par une société d’assurance, c’est La Médiation de l’Assurance. Si c’est une mutuelle relevant du code de la mutualité, c’est le Médiateur de la Mutualité Française. Cegema publie les deux adresses et renvoie à la notice d’information pour savoir laquelle vous concerne. La saisine est gratuite et doit intervenir dans l’année qui suit votre réclamation écrite.
Comment résilier un contrat santé géré par Cegema ?
Après un an de contrat, à tout moment et sans frais, par l’espace assuré, par courrier au 679 avenue du Docteur Julien Lefebvre à Villeneuve-Loubet, ou par le formulaire du site. La résiliation prend effet un mois après réception de la notification. Si vous changez de complémentaire, laissez le nouvel organisme faire les formalités : la loi lui impose d’éviter toute interruption de couverture.
Cegema et Kereis, quelle différence ?
Kereis est le groupe, présent selon son site dans sept pays européens avec 1 700 collaborateurs. Cegema en est la filiale de gestion depuis son acquisition en novembre 2022. Kereis Solutions est la filiale de courtage grossiste, née en 2024 du changement de nom du pôle courtage de Cegema. Kereis France gère l’assurance emprunteur. Trois marques, trois métiers, un même groupe.
À retenir
- Cegema gère, elle n’assure pas. Elle se présente comme un centre de gestion et ses mentions légales la déclarent société de courtage, ORIAS 07 001 328.
- Le pôle courtage est parti en 2024 chez Kereis Solutions, ORIAS 10 057 441, qui conçoit et distribue les 9 offres santé du groupe.
- Votre assureur est nommé dans votre notice, et lui seul décide d’une prise en charge, d’un plafond et d’une cotisation.
- Les avis notent surtout la gestion, ce qui est légitime, mais 42 % d’entre eux reprochent au gestionnaire un prix qu’il ne fixe pas.
- Dix jours ouvrables, deux mois, un an : les trois délais à connaître avant d’écrire quoi que ce soit.
Juger une couverture par le nom inscrit sur la carte de tiers payant est le raccourci le plus coûteux du marché. Le bon réflexe consiste à repartir de vos besoins réels, à comparer des tableaux de garanties comparables, et seulement ensuite à regarder qui gère.
Comparez sur les garanties, pas sur le nom du gestionnaire
Un devis se juge sur le reste à charge, les plafonds et les délais de carence. Faites le point sur votre couverture actuelle avant de changer.
Sources primaires consultées le 6 août 2026 : cegema.com, pages « Accueil », « Qui sommes-nous », « Mentions légales », « Réclamation » et « Demande de résiliation » ; kereis-solutions.com, pages « Accueil », « Mentions légales » et « Complémentaire Santé » ; ACPR, recommandation 2024-R-02 du 2 juillet 2024 sur le traitement des réclamations ; Légifrance, articles L113-15-2 du code des assurances, L612-1 et L612-2 du code de la consommation ; opinion-assurances.fr, fiche « Cegema Assurances, mutuelle santé ».
- Avis Cegema, assurance santé et prévoyance : vous notez un gestionnaire, pas votre assureur - 6 août 2026
- Assurance santé et rapatriement avec couverture internationale : ce que disent vraiment les contrats - 5 août 2026
- Assurance santé Australie : prix 2026 et ce que coûtent vraiment les soins sans couverture - 4 août 2026






