Assurance santé voyage après le départ : qui accepte encore de vous couvrir en 2026

Illustration : un voyageur déjà parti à l'étranger, sa protection restée en arrière au point de départ

L’essentiel en 30 secondes

  • Oui, on peut souscrire une assurance santé voyage une fois déjà parti. Mais la liste des assureurs qui acceptent est courte, et tous appliquent un délai de carence.
  • Trois acteurs l’écrivent noir sur blanc dans leurs conditions : ACS, 8 jours sur toutes les garanties, AVA, 12 jours sur les frais médicaux, AVI International, 15 jours sur la maladie.
  • Chapka et Mondial Assistance refusent : la souscription doit être faite avant le départ.
  • Avant de payer, vérifiez ce que vous avez déjà : carte européenne d’assurance maladie (récupérable depuis l’étranger), assistance de votre carte bancaire, responsabilité civile de votre contrat habitation.
  • Ce qui est déjà arrivé ne sera jamais couvert, quel que soit l’assureur. C’est la règle de l’aléa.

Vous êtes parti sans assurance voyage. Vous vous en apercevez à l’aéroport, à l’hôtel, ou en lisant le tarif d’une consultation sur place. La question n’est plus « faut-il une assurance » : elle est qui accepte encore de vous couvrir, à partir de quand, et pour combien de temps vous restez à découvert.

La plupart des pages qui répondent à cette question restent vagues, ou renvoient vers un formulaire de devis. Cet article fait l’inverse : nous sommes allés lire les conditions générales et les FAQ officielles de six solutions, et nous citons les phrases exactes, avec les captures. Toutes les vérifications datent du 31 juillet 2026.

Illustration : deux guichets d'assurance, l'un fermé après le départ, l'autre encore ouvert
Une fois le départ passé, une partie du marché ferme sa porte. L’autre l’ouvre, mais avec un compteur qui tourne.

Ce que « après le départ » change vraiment

Une assurance n’est pas une facture rétroactive. Elle repose sur un principe simple : au moment où le contrat est signé, l’événement redouté doit encore être incertain. C’est ce que le droit appelle l’aléa.

L’article L121-15 du code des assurances, en vigueur depuis le 21 juillet 1976, énonce la version brutale de ce principe : le contrat est nul si, au moment de sa conclusion, le risque ne peut déjà plus se réaliser. Les assureurs voyage en tirent une conséquence directe, qu’AVI International inscrit noir sur blanc dans sa liste de limites de garanties : sont exclus « tous les évènements non aléatoires ».

Aucune assurance ne couvrira ce qui est déjà arrivé

Si vous vous êtes cassé la cheville hier, aucun contrat souscrit aujourd’hui ne prendra en charge cette cheville. Souscrire après un sinistre en le taisant expose en plus à la nullité du contrat pour fausse déclaration. Le délai de carence sert précisément à empêcher ce calcul.

C’est aussi pour cette raison que deux garanties disparaissent définitivement dès que vous avez décollé : l’annulation de voyage, dont l’objet est justement d’indemniser un départ qui n’a pas eu lieu, et une partie de la garantie bagages du trajet aller. Chapka le formule sans détour : l’option annulation se souscrit « jusqu’à 48h après la réservation de votre voyage et plus de 10 jours avant le départ ».

Avant de payer : ce que vous avez peut-être déjà

Le conseil institutionnel arrive avant le conseil commercial. La fiche service-public.fr F2169, vérifiée le 26 novembre 2025, ouvre son chapitre assurance par une phrase que personne ne relaie : « Vérifiez les garanties dont vous disposez déjà pour éviter de les cumuler. » Depuis l’étranger, cet inventaire prend dix minutes et il change souvent la décision.

Illustration : une valise ouverte d'où sortent trois cartes, les couvertures dont le voyageur dispose déjà
Trois couvertures dorment souvent dans le portefeuille du voyageur : la carte européenne, la carte bancaire, le contrat habitation.

La carte européenne d’assurance maladie se récupère depuis l’étranger

C’est le point le plus mal connu, et il est décisif si vous êtes en Europe. L’Assurance Maladie recommande de demander la carte européenne d’assurance maladie (CEAM) au moins 15 jours avant le départ, et elle est valable jusqu’à 2 ans. Mais la page ameli.fr « Vacances à l’étranger : votre prise en charge », mise à jour le 30 avril 2026, prévoit explicitement le cas du voyageur déjà parti.

Si le départ est imminent, la caisse délivre un certificat provisoire de remplacement, valable 3 mois, qui « atteste de vos droits à l’assurance maladie » et s’utilise « dans les mêmes conditions que la CEAM ». Et si la carte a été oubliée, perdue ou volée, ameli indique deux canaux depuis l’étranger : le compte ameli, en demandant « CEAM » au chatbot, ou le +33 1 84 90 36 46.

Page ameli.fr sur les vacances à l'étranger, encadré sur le certificat provisoire de remplacement de la CEAM
ameli.fr, page « Vacances à l’étranger : votre prise en charge », consultée le 31 juillet 2026. Le certificat provisoire est valable 3 mois.

Attention à ce que la CEAM couvre : seuls « les soins devenus nécessaires en cours de séjour (urgents, inopinés) », dans un État de l’Union européenne, de l’Espace économique européen, en Suisse ou au Royaume-Uni, et selon les règles du pays de séjour. Elle ne finance ni le rapatriement, ni le ticket modérateur local, ni les soins programmés.

Votre carte bancaire : distinguez l’assistance de l’assurance

Voici la nuance que presque aucune page ne fait, et elle est capitale pour quelqu’un qui est déjà sur place. La FAQ officielle de Visa France sépare deux blocs :

  • L’assistance médicale (transport, rapatriement, avance de frais d’hospitalisation, remboursement complémentaire des frais médicaux) : « il vous suffit d’être porteur d’une carte Visa en cours de validité, même si vous n’avez pas payé votre voyage avec votre carte ».
  • Les assurances (indemnisation a posteriori) : réservées aux cartes haut de gamme, et « il vous suffit d’avoir payé votre voyage avec votre carte Visa ».

Autrement dit, si vous êtes parti sans rien mais avec une carte valide en poche, l’assistance existe déjà. Deux limites à connaître : les garanties d’assurance sont acquises « dans la limite des 90 premiers jours consécutifs du Voyage Garanti », l’assistance médicale « pendant les 90 premiers jours du déplacement », et le remboursement des frais médicaux se fait « à titre complémentaire », donc après la Sécurité sociale et la complémentaire santé.

Ne recopiez pas le plafond que vous lisez ailleurs

Visa précise que « le contenu des garanties d’assistance et d’assurance est différent selon le choix de la banque émettrice et le niveau de carte ». Le fameux plafond de 155 000 € que reprennent la plupart des comparateurs n’est donc pas une règle générale. Le seul document qui fait foi est la notice d’information de votre carte, téléchargeable depuis votre espace bancaire, y compris depuis l’étranger.

Le contrat habitation et la complémentaire santé

Deux autres pistes citées par service-public : la garantie villégiature de votre multirisque habitation, qui couvre le logement loué et une partie des biens emportés, et la responsabilité civile vie privée, qui vous suit à l’étranger. Côté santé, certaines complémentaires prennent en charge un reste à charge à l’étranger, en général sur la base des tarifs français. Ces garanties ne remplacent jamais un contrat voyage, mais elles réduisent le besoin.

Simulateur : à partir de quand seriez-vous couvert ?

Quatre questions, quatre chiffres. Le simulateur applique les règles publiées par cinq solutions réellement accessibles depuis l’étranger, et n’applique une limite d’âge que là où l’assureur en publie une.

À partir de quel jour seriez-vous couvert ?

Règles ACS, AVA, AVI International et CFE, relevées le 31 juillet 2026

1Depuis combien de temps êtes-vous parti ?

2Où vous trouvez-vous ?

3Votre âge

4Votre carte bancaire

Panel étudié : ACS Globe Partner, ACS Globe Traveller, AVA Plan Santé, AVI International Marco Polo, CFE MondExpat Santé. Les cinq acceptent une souscription depuis l’étranger.

Solutions encore ouvertes
4
sur les 5 du panel
Carence la plus courte
8 jours
à compter de la souscription
Séjour sans aucune assurance
12 jours
jours déjà passés sur place, plus la carence
Plafond frais médicaux à viser
500 000 €
ordre de grandeur publié pour cette zone
Assistance déjà acquise par la carte
90 jours
transport, rapatriement, avance d’hospitalisation, sans avoir payé le voyage avec la carte

Chiffres calculés à partir des règles publiées par chaque assureur (carence de 8 jours chez ACS, 12 jours chez AVA, 15 jours chez AVI, aucune carence à la CFE dans les 3 mois suivant l’installation). Les plafonds par zone reprennent la grille publiée par Chapka pour son contrat Cap Assistance 24h/24. Ce simulateur est une aide à la décision, pas un devis : la durée exacte de votre carence figure sur le certificat que l’assureur vous remet.

Qui accepte réellement, qui refuse

Nous avons cherché la phrase engageante, pas l’argumentaire commercial. Voici ce que chaque acteur écrit dans ses propres documents.

Accepte

ACS, Globe Partner et Globe Traveller

Le courtier affiche « Souscription après le départ possible » parmi ses points forts. Ses conditions générales sont plus précises encore : « Lorsque la souscription du contrat a lieu après le départ de l’assuré, un délai de carence de 8 jours est appliqué aux différentes garanties à compter de la date de souscription. »

Globe Partner s’adresse aux moins de 40 ans, Globe Traveller aux moins de 66 ans.

Accepte

AVA, gamme Plan Santé

Sa FAQ est explicite : « La souscription depuis l’étranger est possible uniquement pour les contrats Plan Santé, AVA Expat et Incoming, et elle implique l’application d’un délai de carence. »

La durée est chiffrée ailleurs dans la même FAQ : « les garanties Frais médicaux à l’étranger et assistance prennent effet après expiration d’un délai de 12 jours […] lorsque l’assuré est déjà sur son lieu de séjour ».

Accepte

AVI International, Marco Polo

« Il est possible de souscrire depuis l’étranger, à condition que votre départ initial date de moins de 24 mois. Un délai de carence de 15 jours s’applique à compter du jour du paiement. »

Point fort : aucune limite d’âge annoncée, et la carence ne s’applique pas à l’accident. Point faible : voyage touristique uniquement, sans visa de travail, et résidence dans un pays européen éligible.

Accepte

CFE, MondExpat Santé

Réservée à qui s’installe, pas au touriste. « Si vous adhérez à la CFE avant votre départ ou dans les trois mois qui suivent votre installation à l’étranger, la prise en charge de vos soins débutera immédiatement. »

Au-delà : 3 mois de carence avant 44 ans, 6 mois à partir de 45 ans. En contrepartie, aucun questionnaire de santé et aucune exclusion possible une fois adhérent.

Refuse

Chapka, Cap Assistance 24h/24

La fiche produit répond à la question « Ce contrat est-il fait pour moi ? » par une liste de conditions, dont celle-ci : « Oui, si vous souscrivez avant votre départ en voyage. »

Sa FAQ générale confirme la limite : « Vous pouvez prendre une assurance voyage jusqu’à la veille de votre départ, sauf pour une assurance incluant la garantie annulation. »

Refuse

Mondial Assistance, groupe Allianz Partners

« Il est recommandé de souscrire une assurance voyage au moment de la réservation de votre séjour et jusqu’à 24 heures avant votre départ. »

La fenêtre de souscription se ferme donc la veille. Même logique chez la plupart des assureurs généralistes et des banques, dont les contrats voyage sont adossés à un séjour daté.

Formulaire de devis ACS Globe Partner affichant le délai de carence de 8 jours en cas de souscription après le départ
Le formulaire de devis ACS Globe Partner affiche l’avertissement au moment où vous saisissez vos dates. Capture du 31 juillet 2026.

Ce que cette capture montre bien : le formulaire ne demande pas votre date de départ réelle, il demande le début de votre assurance. Rien ne vous empêche donc techniquement de saisir une date du jour alors que vous êtes déjà à l’étranger. C’est justement pour cela que la carence existe, et l’assureur vous demandera le tampon d’arrivée sur votre passeport au moment du remboursement.

Extrait des conditions générales ACS Globe Partner, paragraphe Effet des garanties et délai de carence de 8 jours
Notice d’information Globe Partner, page 2, paragraphe « Effet des garanties ». C’est ce document, pas la page produit, qui engage l’assureur.
FAQ du courtier AVA : puis-je souscrire alors que je suis déjà parti à l'étranger
La réponse d’AVA, avec la liste fermée des trois contrats concernés et la mention des options devenues inaccessibles.

Le délai de carence : ce qu’il bloque, ce qu’il laisse passer

Le mot revient partout, sa définition varie peu. ACS la donne dans son glossaire contractuel : « période s’écoulant entre la souscription du contrat et le début de l’application des garanties […] Durant cette période aucune garantie n’est appliquée et l’assuré ne peut être indemnisé. »

Illustration du délai de carence : plusieurs jours vides avant que les garanties ne démarrent
Vous payez dès la souscription. Vous n’êtes couvert qu’au terme de la carence.

Trois nuances font toute la différence, et elles ne sont pas identiques d’un contrat à l’autre.

Point à vérifier ACS Globe Partner AVA Plan Santé AVI Marco Polo
Durée de la carence après le départ 8 jours 12 jours 15 jours
Garanties concernées Toutes les garanties du contrat Frais médicaux à l’étranger et assistance Conséquences d’une maladie
Accident pendant la carence Non précisé dans la notice Non précisé dans la FAQ Couvert, si constaté par une autorité compétente
Point de départ du décompte Date de souscription Date d’adhésion Jour du paiement
Carence évitable Oui, si contrat souscrit avant le départ ou enchaîné sans interruption Oui, si second contrat souscrit avant la fin du premier Oui, si continuité sans un seul jour d’interruption

La ligne la plus utile est la dernière. Les trois assureurs suppriment la carence si le nouveau contrat prend la suite du précédent sans un seul jour de trou. AVA fixe même le seuil : « en cas de souscription plus de 24h après la fin du contrat précédent, un délai de carence obligatoire s’applique ». Si vous prolongez un voyage, ne laissez jamais votre couverture expirer.

L’accident n’est pas la maladie

AVI International précise que « les frais d’hospitalisation en cas d’accident resteraient couverts » pendant la carence, et que celle-ci ne s’applique pas « en cas d’accident corporel dont vous seriez victime ou responsable, à condition qu’il soit constaté par une autorité compétente (certificat de pompiers, constat de police…) ». Si un accident vous arrive dans les premiers jours, faites systématiquement établir un constat officiel.

Ce que vous ne pourrez plus obtenir

  • L’annulation de voyage : impossible une fois parti, par définition.
  • Les options matériel et sport : AVA indique que « certaines options ne sont pas accessibles une fois que vous êtes déjà à l’étranger, comme AVA Tech+, Sport+ », et que ces options « doivent être souscrites avant la date de départ ».
  • La déclaration des biens nomades : « obligatoire au moment de l’adhésion et avant le départ. À défaut, aucune garantie ne pourra être appliquée », écrit AVA.
  • Certains contrats à souscription domiciliée : plusieurs assureurs exigent une souscription depuis le pays de résidence, ce qui ferme la porte une fois sur place.
  • Les pathologies préexistantes : AVI exclut « les maladies ayant fait l’objet d’une hospitalisation continue, de jour ou ambulatoire, dans les 6 mois précédant le départ », ainsi que les prestations liées à la grossesse et à la maternité.

Si vous vous installez plutôt que si vous voyagez

La ligne de partage est nette, et elle change complètement la réponse. Une assurance voyage se souscrit pour un séjour daté : après le départ, elle devient difficile à obtenir et l’offre se réduit. Une couverture d’expatriation, elle, s’adresse par nature à quelqu’un qui est déjà installé : la souscription depuis l’étranger y est la norme.

La Caisse des Français de l’étranger est le cas le plus favorable de tout ce dossier. Elle n’exige aucun questionnaire de santé, ne peut pas exclure un adhérent, et surtout : l’adhésion dans les trois mois suivant l’installation ouvre les droits immédiatement, sans un jour de carence. Au-delà de ce délai, la sanction est lourde : trois mois d’attente avant 44 ans, six mois à partir de 45 ans.

Côté assureurs privés, le tableau est plus nuancé. Les contrats d’expatriation acceptent en général une souscription sur place, mais avec un questionnaire de santé détaillé, des carences propres à certains postes (optique, dentaire, maternité jusqu’à 12 mois) et des restrictions de pays. Si c’est votre situation, notre guide sur les critères qui départagent deux devis d’assurance santé internationale détaille les sept points qui font vraiment la différence, et notre article sur le choix d’une formule d’expatrié compare la CFE, le premier euro et la complémentaire.

Ne résiliez jamais avant d’être accepté

Sur un contrat d’expatriation soumis à questionnaire médical, l’assureur peut proposer une surprime, poser des exclusions ou refuser l’adhésion. Attendez la confirmation écrite d’acceptation du nouvel assureur avant de mettre fin au précédent, faute de quoi vous vous retrouvez sans couverture et avec une carence à repayer.

Si les soins ont déjà commencé

Souscrire ne servira à rien pour l’épisode en cours. Reste la voie publique, et elle dépend de l’endroit où vous êtes.

48 h
pour envoyer un avis d’arrêt de travail à votre caisse depuis l’étranger
3 mois
de validité du certificat provisoire de remplacement de la CEAM
S3125
le formulaire de demande de remboursement des soins reçus à l’étranger

En Europe, avec la CEAM ou son certificat provisoire, la prise en charge se fait sur place selon les règles du pays. Sans elle, ameli prévoit un remboursement à votre retour, « sur la base des tarifs en vigueur de l’État de séjour et dans la limite des dépenses engagées », avec la possibilité de demander l’application de la législation française. La demande passe par le compte ameli, rubrique Démarches puis Frais de santé, ou par le formulaire S3125.

Hors Europe, la règle est nettement plus dure et mérite d’être citée telle quelle. Ameli écrit que « seuls les soins médicaux urgents et imprévus pourront, éventuellement, être pris en charge », que le médecin conseil « appréciera si vous étiez ou non dans une situation d’urgence », que le remboursement se fait « sur la base et dans la limite des tarifs forfaitaires français en vigueur (et non pas sur la base de vos dépenses réelles) », et surtout qu’« en cas de refus : aucune contestation n’est possible ».

Traduit en chiffres : une consultation facturée 250 $ aux États-Unis peut être remboursée sur la base d’une consultation française. C’est précisément cet écart que l’assurance voyage sert à couvrir, et c’est aussi pourquoi notre dossier sur l’assurance santé voyage aux États-Unis insiste autant sur les plafonds. Pour le cadre général des droits publics selon votre situation, tout est réuni dans notre guide de l’assurance santé à l’étranger.

La marche à suivre, dans l’ordre


  1. Faites l’inventaire de ce qui existe déjà

    CEAM ou certificat provisoire, notice d’information de votre carte bancaire, garantie villégiature et responsabilité civile de votre contrat habitation, garanties de votre complémentaire santé à l’étranger. Tout est consultable en ligne depuis l’étranger.


  2. Déterminez si vous voyagez ou si vous vous installez

    Séjour daté avec date de retour : c’est une assurance voyage. Transfert de résidence : ce sont la CFE et les contrats d’expatriation, beaucoup plus ouverts à une souscription sur place.


  3. Cherchez la phrase, pas l’argument

    Sur chaque site, cherchez « après le départ », « depuis l’étranger », « délai de carence ». Si la mention n’apparaît ni dans la FAQ ni dans les conditions générales, appelez avant de payer et demandez une réponse écrite.


  4. Comparez la carence avant de comparer le prix

    Entre 8 et 15 jours, l’écart est de sept jours d’exposition totale. Sur un séjour de trois semaines, cela change la nature du contrat que vous achetez.


  5. Conservez les preuves de votre date d’entrée

    Tampon de passeport, carte d’embarquement, réservation. ACS demande explicitement « la copie de votre passeport, page d’identification et tampon d’arrivée » pour une demande de remboursement supérieure à 500 €.


  6. Vérifiez que l’intermédiaire est immatriculé

    Un courtier français doit figurer au registre unique de l’ORIAS. ACS affiche par exemple son numéro d’immatriculation en pied de page de son formulaire de devis. C’est un contrôle gratuit qui prend une minute.

Questions fréquentes

Puis-je souscrire une assurance voyage après mon départ ?

Oui, mais auprès d’une minorité d’acteurs. Sur les six solutions que nous avons vérifiées le 31 juillet 2026, quatre acceptent une souscription depuis l’étranger : ACS (Globe Partner et Globe Traveller), AVA sur trois contrats seulement, AVI International sur son contrat longue durée, et la CFE pour une installation. Chapka et Mondial Assistance exigent une souscription avant le départ. Dans tous les cas de souscription après le départ, un délai de carence s’applique.

Combien de temps dure le délai de carence ?

De 8 à 15 jours chez les assureurs voyage étudiés : 8 jours chez ACS sur toutes les garanties, 12 jours chez AVA sur les frais médicaux et l’assistance, 15 jours chez AVI International sur les conséquences d’une maladie. À la CFE, il n’y a aucune carence si l’adhésion intervient dans les trois mois suivant l’installation, puis 3 mois avant 44 ans et 6 mois à partir de 45 ans.

Est-ce que je peux mentir sur ma date de départ ?

C’est une très mauvaise idée. Une fausse déclaration expose à la nullité du contrat, donc à un refus total de prise en charge au moment où vous en avez besoin, sans remboursement des cotisations dans les cas de mauvaise foi. Les assureurs demandent d’ailleurs le tampon d’arrivée du passeport à l’appui des demandes de remboursement importantes. Payer une carence de huit jours est infiniment moins coûteux qu’un refus d’indemnisation sur une hospitalisation.

Ma carte bancaire me couvre-t-elle si je n’ai pas payé le voyage avec ?

Partiellement. Selon la FAQ de Visa France, l’assistance médicale (transport, rapatriement, avance de frais d’hospitalisation, remboursement complémentaire des frais médicaux) fonctionne dès lors que votre carte est en cours de validité, même si le voyage a été payé autrement. En revanche les garanties d’assurance, qui indemnisent a posteriori, supposent une carte haut de gamme et un voyage réglé avec cette carte. Les deux blocs sont limités aux 90 premiers jours du déplacement.

Et si je suis déjà malade ou blessé ?

Aucun contrat souscrit après coup ne prendra en charge un événement déjà survenu. C’est le principe de l’aléa, dont l’article L121-15 du code des assurances donne la formulation la plus radicale, et que les assureurs traduisent par l’exclusion des « évènements non aléatoires ». Il vous reste la voie publique : prise en charge sur place avec la CEAM en Europe, ou demande de remboursement au retour avec le formulaire S3125, sachant que hors Europe seuls les soins urgents et imprévus sont éventuellement remboursés, sur des tarifs français.

Je prolonge mon voyage, dois-je subir une nouvelle carence ?

Non, à condition d’enchaîner sans interruption. Les trois assureurs sont d’accord sur ce point : le nouveau contrat doit être souscrit avant la fin du précédent, sans un seul jour de trou. AVA précise le seuil : au-delà de 24 heures après la fin du contrat précédent, la carence redevient obligatoire. AVI ajoute la même condition pour les prolongations effectuées plus de 48 heures après l’expiration.

Puis-je encore prendre une garantie annulation une fois parti ?

Non. La garantie annulation indemnise un voyage qui n’a pas eu lieu, elle n’a plus d’objet une fois que vous avez décollé. Chapka la limite d’ailleurs aux 48 heures suivant la réservation et à plus de 10 jours avant le départ. Une garantie interruption de séjour, elle, existe dans certains contrats et reste utile pendant le voyage.

Combien coûte une assurance voyage souscrite sur place ?

Le prix ne dépend pas du fait que vous soyez déjà parti, mais de la zone et de la durée. ACS publie des exemples pour Globe Partner : 29,50 € pour 15 jours au Kenya, 68,50 € pour six semaines en Asie du Sud-Est, 117 € pour trois mois en Amérique latine, 330 € pour six mois de stage aux États-Unis. Chapka publie une grille comparable, de 27 € pour huit jours en Europe à 282 € pour 90 jours en zone à frais élevés. Ces montants sont ceux du 31 juillet 2026.

Vous cherchez le bon contrat, pas seulement la bonne date

Une fois la question de la carence réglée, restent le plafond de frais médicaux, la zone couverte, la prise en charge directe des hospitalisations et le questionnaire de santé. Nos deux guides couvrent l’un le choix du contrat, l’autre vos droits publics selon votre situation.

Les 7 critères qui départagent deux devisCe que la Sécu couvre encore

À lire aussi si votre situation est différente : choisir une assurance santé voyage avant de partir, ou comprendre la procédure d’un rapatriement sanitaire.

Sources primaires consultées le 31 juillet 2026 : ameli.fr, « Vacances à l’étranger : votre prise en charge », mise à jour du 30 avril 2026. service-public.fr, fiche F2169, vérifiée le 26 novembre 2025. Légifrance, article L121-15 du code des assurances, version en vigueur depuis le 21 juillet 1976. ACS, notice d’information Globe Partner et page produit Globe Traveller. AVA, foire aux questions. AVI International, page Marco Polo et FAQ assurance voyage. Chapka Assurances, fiche Cap Assistance 24h/24 et FAQ. Mondial Assistance, page assurance voyage. CFE, offre MondExpat Santé. Visa France, FAQ « En voyage ».

Information générale, ne remplace pas un conseil professionnel. Les durées de carence, plafonds, exclusions et conditions d’éligibilité cités sont ceux publiés par chaque organisme à la date indiquée et peuvent évoluer à tout moment. Seuls les documents contractuels remis lors de la souscription (conditions générales, notice d’information, certificat d’assurance) engagent l’assureur. Pour une situation médicale ou juridique particulière, rapprochez-vous de votre caisse d’assurance maladie, d’un courtier immatriculé à l’ORIAS ou d’un professionnel du droit.

Amandine Carpentier